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La Célébration
des  invisibles
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Vous pouvez écouter un extrait (voir liens)


G E N E S E


    La Célébration des invisibles est à l’origine un oratorio, avec chœur, percussions et théâtre d’ombres, créé au théâtre le Maillon, le 3 novembre 1992, pour les Percussions de Strasbourg. Musique de Philippe Hurel, livret de Philippe Raymond-Thimonga, mise en scène de Michel Rosenmann, direction musicale Roland Hayrabedian, choeur Musicatreize.
    Le 4 novembre 2006, une version concert de ce drame lyrique a été donnée à la Cité de la Musique, en création mondiale, toujours avec les Percussions de Strasbourg, Roland Hayrabedian et le groupe Musicatreize.



A R G U M E N T


    En écho à la découverte des Amériques au XVe siècle, la Célébration des invisibles évoque dans le futur la mise au jour d’une autre forme de vie dans l’espace, d’une autre forme de ville… L’exploration, là aussi, d’un Nouveau Monde. La ville ici, déserte et stérile en surface, se révèlera surprenante… car souterraine et labyrinthique, au delà de l’imaginable, autrement industrieuse, invisiblement habitée… et pour tout dire : vivante. Un lieu patient où se convertit la lumière, pour un autre usage sans doute que le nôtre, une autre conception de la vie dans l’univers. Entre les explorations passées et à venir s’élève ainsi un pont, la résurgence des mêmes risques et des mêmes erreurs. Quelles que soient les époques et les civilisations en cause, les exploits de la science, la découverte d’une terra incognita n’a-t-elle pas souvent les apparences d’une sinistre grandeur, le double visage du fabuleux et du tragique ?

Ph. R-Th


C O M P O S I T I O N

    Comme beaucoup de compositeurs confrontés à un texte – celui-ci est chanté par trois solistes et un chœur – je n’ai conservé que les informations les plus pertinentes pour l’auditeur, de manière à ce que l’attention ne se porte que sur certains mots clés qui puissent donner une idée de l’argument. Le résultat est donc avant tout « sonore » mais la structure formelle du texte a fortement influencé la forme musicale.

    Ainsi, certains mots ( oasis, planète, Cuzco, nouveau monde ) ou certaines situations scéniques ( rassemblement, joie de la découverte, inquiétude des protagonistes ) sont caractérisés par des situations particulières, sortes de meta-leitmotives. A l’instar du texte la partition se referme sur elle-même en une sorte de mouvement contraire, lequel, partant de sons sans hauteur précise ( blocs de bois), nous entraîne vers des polyphonies rythmiques harmoniquement claires pour nous ramener enfin à des sons sans hauteur précise. Les deux interludes instrumentaux viennent s’insérer comme de véritables commentaires des scènes chantées qui les précèdent tandis que le cœur à cappella sert d’épilogue.

    Par ailleurs, aux voyages des hommes et aux trajets qu’ils parcourent dans l’espace correspond une trajectoire du son, fruit d’un travail sur la spatialisation instrumentale. Ainsi, dans certaines scènes les instruments sont en perpétuel mouvement. Ils peuvent même, par instants, décrire des trajets paradoxaux, les motifs répétés et déformés par compression ou dilatation se déplaçant en sens inverse et se croisant dans les haut-parleurs. Si les musiciens sont placés sur scène de manière habituelle, c’est l’écriture et la simple amplification qui donne l’illusion de la spatialisation en six points.

    Ce travail d’écriture fut l’une de mes principales préoccupations. Comme dans beaucoup de mes pièces, le résultat sonore se situe entre globalité de timbre et polyphonie, le rythme jouant ici un rôle très important.


Philippe Hurel


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Philippe Hurel
 
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